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Sandra Krim, une thèse sur le phénomène d’artification des marques de luxe

Sandra Krim est doctorante, inscrite à l’école doctorale de management Panthéon-Sorbonne, elle bénéficie du parcours « Théories et pratiques de la mode » entièrement dédié à la mode et au luxe et porté par l'Institut Français de la Mode et l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Créé par l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l'Institut Français de la Mode en 2018, au cœur de Paris, capitale de la haute couture, le parcours « Théories et pratiques de la mode » est le seul au monde à proposer une approche véritablement pluridisciplinaire et à offrir un enseignement de haut niveau à tous les étudiants souhaitant effectuer une thèse consacrée à l'univers de la mode et du luxe. Sandra Krim y suit une formation spécifique où la mode et le luxe y sont abordés sous le prisme de l’historiographie, la sociologie, la philosophie et anthropologie, ainsi que l’économie et le management. Sa thèse, intitulée « Influence de l’intégration d’une dimension culturelle sur la valeur symbolique d’une marque de mode de luxe », est dirigée par Jean Marc Lehu, maître de conférences en marketing et communication et directeur adjoint de l’École de management de la Sorbonne.

Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Sandra Krim : J’ai été diplômée de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en magistère de droit des activités économiques et master 2 de droit anglais et nord-américain des affaires, avant d’entreprendre une carrière en banque d’investissement avec une spécialisation en droit des marchés de capitaux, en parallèle de laquelle j’ai pu enseigner à l’université Paris 1. Après une pause familiale, j’ai décidé de changer de voie et d’intégrer le MBA de l’Institut Français de la Mode avant de choisir de me consacrer à la recherche et l’enseignement, conjointement au consulting.

Sur quoi porte vos travaux de recherche ?

Sandra Krim : Ma thèse part du constat d’une forme de « culturalisation » des marques de mode de luxe, qui pousse nombre de marques à intégrer une dimension culturelle dans leur offre. Les références, pratiques et valeurs culturelles de ces marques, qui se positionnent en agents culturels, répondent à la quête de sens des consommateurs. Ce constat met en exergue l’importance de la valeur symbolique des marques de luxe et questionne la relation entre leur dimension culturelle et cette valeur symbolique. C’est pourquoi ma thèse traite de « l’influence de l’intégration d’une dimension culturelle sur la valeur symbolique d’une marque de mode de luxe ».

Cette thématique étant assez large nous avons choisi, conjointement avec mon directeur de thèse, d’en étudier l’application au phénomène d’artification et, plus spécifiquement aux liens revendiqués par les marques de mode de luxe avec l’art contemporain au travers de leur communication. Ce choix se justifie par le fait que l’art contemporain est le domaine artistique le plus exploité par les marques de mode de luxe et également par le fait que les liens entre l’art et la communication des marques sont bien moins étudiés par la littérature scientifique que ceux qui existent entre l’art et les produits de luxe.

Pourquoi vous êtes-vous engagée dans un doctorat ? Et pourquoi dans ce cursus en particulier ?

Sandra Krim : J’avais déjà souhaité faire un doctorat en parallèle de ma première activité professionnelle et étais d’ailleurs inscrite à Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction du Professeur Le Cannu, mais - par manque de temps - je n’avais pas réussi à mener les deux de front. À l’issue de mon MBA à l’IFM, j’ai ressenti le besoin de reprendre cette démarche en m’appuyant sur les compétences et les connaissances que j’avais pu développer lors de cette formation. C’est à l’IFM que l’on m’a recommandé ce parcours doctoral. J’ai ainsi sollicité Jean-Marc Lehu pour me diriger dans ma recherche.

Qu’est-ce-que ce parcours doctoral vous a apporté ?

Sandra Krim : Le principal atout de ce parcours est sa pluridisciplinarité, qui reflète toutes les facettes académiques liées à la mode et au luxe. Cette ouverture nourrit la réflexion et la connaissance du domaine complexe qu’est le luxe. À titre personnel, j’ai la chance d’avoir intégré l’école doctorale de l’EMS, dirigée par le Professeur Jean-François Lemoine, où les doctorants bénéficient d’une réelle bienveillance. C’est un contexte particulièrement stimulant et enrichissant.

Qu’envisagez-vous après votre doctorat ? Quels sont vos projets professionnels ?

Sandra Krim : Je n’exclus pas de reprendre le consulting, mais j’ai l’impression de trouver mon épanouissement professionnel dans la recherche et l’enseignement, dont la complémentarité me comble. La transmission et le partage avec les étudiants et étudiantes sont essentiels pour moi, tout comme le travail de recherche. Les deux sont des sources de richesses inestimables. Je souhaiterais vivement poursuivre ces activités, tout en continuant à écrire régulièrement des chroniques pour les magazines numériques spécialisés dans l’univers du luxe avec lesquels je collabore. Je souhaiterais également pouvoir publier un ouvrage sur la notion de la dimension culturelle des marques de luxe, à l’issue de ma thèse.

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