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Sciences technique et pluralime

Atelier dans le cadre du GDR NoST

début février 2017


Sciences, technique et pluralisme : comment construit-on du pluralisme dans le champ des sciences et des techniques ?

 

Nous vivons dans une société qui promeut les valeurs de tolérance et de pluralisme mais qui a, à l’évidence, du mal avec leur mise en œuvre. La question de la laïcité, avec les controverses relatives à l’interprétation même du concept (entre laïcité de combat et laïcité d’ouverture) est un exemple emblématique de cette tension. Or, la régulation du champ des sciences et techniques pourrait fournir une clef d’entrée dans le débat certes pratique et apparemment moins idéologisé que des problèmes tels que l’interprétation de la laïcité, mais en même temps susceptible de contribuer à éclairer les multiples facettes de la question du pluralisme dans nos sociétés. Au tout début de cette intuition, qui n’a encore rien d’une réflexion, l’on trouve la notion de « coexistence » utilisée dans le débat sur les OGM (coexistence des filières OGM et non-OGM). Certes, il s’agit d’une notion essentiellement économique mais l’on pourrait peut-être en tirer une acception plus vaste et plus riche, à la manière dont Carbonnier avait promu le pluralisme – en tout cas législatif – dans le domaine du droit du divorce (« à chacun sa famille, à chacun son droit »).

* Clef d’entrée pratique : la construction d’une filière non OGM est elle compatible avec une filière OGM ? Le nucléaire et le non-nucléaire ? L’énergie hydraulique ou au charbon ? Le don d’organes post mortem, le don entre vivants et la xénogreffe ? La FIV avec tiers donneur et sans tiers donneur ? Les robots et les humains ? La vente et le don d’organes ? La maternité de substitution gratuite et payante ? La recherche sur l’embryon et sur les cellules somatiques ? Cette entrée est pratique au sens où il s’agit d’abord d’une analyse relevant d’une sociologie ou d’une histoire des pratiques, permettant de montrer comment tel discours ou telle technique s’impose et si des techniques rivales ou en compétition peuvent ou non coexister ;

* Clef d’entrée plus théorique, susceptible d’intéresser les juristes, les économistes (et leur concept de « dépendance au sentier », « path dependency »), les philosophes (et notamment les spécialistes du libéralisme), les historiens, les épistémologues des sciences, etc.

-Le projet vise à construire une généalogie de la façon dont certaines questions se posent de façon cruciale à un moment donné puis plus du tout après. Nous pensons par exemple au clonage thérapeutique, qui fait l’objet d’une effervescence à une époque, et dont on ne parle plus du tout ou presque, ce qui ne peut être attribué au seul fait que le droit français l’a constitué en délit ;

-Le projet concerne ensuite la question cruciale du rôle des différents acteurs (Etat, marché, professions, individus) dans la construction de la coexistence entre techniques et de son rejaillissement sur l’élaboration de la science (pour que la coexistence des techniques ait du sens, il faut que la connaissance scientifique continue à progresser). C’est là que le champ des sciences et techniques peut – c'est l’hypothèse de la recherche – être emblématique des tensions que notre société connaît sur d’autres questions, notamment eu égard à ce qui est demandé à l’Etat : le pluralisme suppose une forme d’indifférence axiologique de l’Etat mais sa construction nécessite au contraire une forte implication de celui-ci sous la forme de choix politiques. En outre, cette problématique est rendue d’autant plus complexe quand on envisage l’action à l’échelle européenne : l’Europe, des droits de l’homme et économique, renforce-t-elle le pluralisme, le réduit-elle, le transforme-telle ? Le droit pourra constituer un fil rouge dans ce débat très vaste : d’une part, il est particulièrement sollicité par les pouvoirs publics pour encadrer les pratiques dans le champ des sciences et techniques ; d’autre part, il constitue une formalisation aboutie de ce qui est permis, encouragé, interdit ou simplement toléré.


 

 


Pilotage  

Florence Bellivier

Brice Laurent

Christine Noiville