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Conceptions de la nature et régulation environnementale

 

L’importance grandissante des questions environnementales a remis en cause les séparations, longtemps considéré comme allant de soi et constitutives des champs disciplinaires, entre nature et société, nature et culture. Des associations inusitées entre ce qui, jusque là, relevait de domaines distincts, se font ainsi jour, y compris dans le domaine normatif. Choisir le vocabulaire de la déclaration des droits de l’humanité, c’est aussi prendre une décision sur le statut de la nature. La proposition de qualifier un crime d’écocide, au même titre que les autres crimes contre la paix (crime contre l’humanité, génocide, …), fait entrer la Terre, ou l’écosystème, dans une communauté des victimes, au côté de l’humanité. La qualification, dans l’article 515-14 du Code civil, de l’animal comme un « être sensible » tend à brouiller la division entre personnes et choses. Le développement de mouvements écoféministes conduit à se demander comment on peut se réclamer à la fois d’une tradition, le féminisme, méfiante vis-à-vis de la nature, et de mouvements environnementalistes ou écologistes, qui prétendent la défendre. Il s’agira donc, à partir d’études de cas de ce type, de comprendre comment l’érosion des distinctions acquises et la transformation des conceptions de la nature affectent jugements de valeur et prescriptions normatives.

Nous étudierons alors la façon dont l’appréhension de la nature nous conduit à réguler notre rapport à la nature, selon les deux paradigmes des limites (à respecter) et des risques (à affronter et à répartir), et dans une approche résolument interdisciplinaire : étude philosophique de la nature, anthropologie juridique, esthétique sonore, histoire et analyse des modélisations mathématiques de l’environnement et des risques naturels.

            Qu’il s’agisse des référentiels de la RSE ou de la finance verte, des droits à polluer et de leur marché, du paiement pour services environnementaux, des taxes et subventions sur l’émission de polluants, des compensations pour préjudices et dommages environnementaux, ou de la titrisation des dangers climatiques, l’environnement est de plus en plus appréhendé en termes marchands. Nous examinerons les présupposés et les conséquences de cette diffusion des catégories marchandes et des appréhensions économiques de l’environnement. Evaluer, quantifier, monétariser, marchandiser, financiariser : si pour certains, il ne s’agit là que d’outils au service de la protection de l’environnement, nombreux sont celles et ceux qui voient là une pente glissante, protestent que les mécanismes de marché ne peuvent pas tout résoudre, et distinguent entre valeur et prix. Jusqu’à quel point les résistances, morales, sociales et politiques à la marchandisation de l’environnement  sont-elles propres à  celles-ci ou relèvent-elles d’une critique plus générale de « ce que l’argent ne saurait acheter » ?