En réponse à la situation désastreuse qui touche notre planète et ses équilibres fondamentaux, l'artiste Yann Toma, professeur à l'université Paris  Panthéon-Sorbonne, porte aujourd’hui sa réflexion et celles des spécialistes de l’intelligence des plantes sur les murs de la LeRoy Neiman Gallery à New York, et nous plonge dans une réflexion sur nous-même et sur un monde que nous aimerions, coûte que coûte, voir figé et irrémédiablement idéal, rassurant.

Mais la nature humaine est-elle de nos jours à même de proposer d’autres alternatives que son propre effondrement sous le socle de ses images rêvées ?

Aussi ambivalent qu’imprévisible le concept de Capitalocène relève de cette profonde réflexion sur notre devenir, incarnant à lui seul l’irréversible progression des industries et des phases d’épuisement successives qui nous fondent aujourd’hui à douter du monde qui nous attend. « Désignant sensiblement la même réalité phénoménologique que l’Anthropocène, le Capitalocène est un concept qui prend comme point de départ l'idée que le capitalisme est le principal responsable des déséquilibres environnementaux actuels. » (MALM, Fossil Capital : The Rise of Steam Power and the Roots of Global Warming).

Le concept de Capitalocène (imaginé par le sociologue Jason W. Moore) permet d’insister sur les conséquences écologiques du capitalisme mais il ne nous plonge pas pour autant dans un constat déceptif. Rebondissant sur un sentiment d’urgence ressenti profondément, le menant à approfondir ses réflexions sur une écologie politique portée par l’art et l’ayant entraîné à réaliser plusieurs marches en Roumanie habillé de manteaux végétaux, Yann Toma met en relation photographique les rêves perdus de l’Arcadie avec le reste-lumière de ce que furent les plantes prélevées de l’herbier de Cluj (Roumanie), plantes qui depuis le XiXème siècle sont restées jusqu’alors confinées dans les placards protecteurs de l’herbarum. Le travail artistique et photographique présenté est issu des prospections et observations de l’artiste. Il en a fait émerger un travail inédit sur les herbiers qu’il présente aujourd’hui en exclusivité.

Cette exposition est réalisée en collaboration avec Alliance Program, le Global Compact de l’ONU et le Jardin Botanique de New York.