Anne Marlangeon interroge le rapport au corps féminin, au corps différent, loin des standards du marketing et des injonctions sociales. Par sa peinture à la fois viscérale et organique, voire dérangeante, elle célèbre tous les corps : le corps ressentant, le corps envahissant ou le corps enfantant. Sous son pinceau, le corps s’impose, centré, frontal, affrontant, comme dans une position de revendication, voire de combat.

Le corps est bel et bien là, puissant et encombrant et assume, à la face du spectateur, ce qu’il est. Ce corps se veut être une remise en cause de toute idée de beauté, de vraisemblable et de proportion. Il veut se donner à voir comme présence, assumant la désacralisation du nu féminin. Il endosse l’assertion de l’historien Pascal Blanchard qui affirme « les corps sont à prendre comme ils sont, dans leurs diversités, leurs variations, tant de forme que de chairs et de peaux ». L’accrochage est pensé sans châssis, sans verre, sans cadre, afin que les peintures instaurent un face à face direct avec le visiteur.