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Séverine Boué - Les réceptions à la résidence de France à Washington : vitrine gastronomique de la France et outil diplomatique des ambassadeurs (de 1893 à aujourd’hui)

Bulletin IPR  n°50 –  Alimentation et relations internationales

AUTOMNE 2019

 

 

Les réceptions à la résidence de France à Washington : vitrine gastronomique de la France et outil diplomatique des ambassadeurs (de 1893 à aujourd’hui)

Séverine Boué



Résumé 

« L’art culinaire sert d’escorte à la diplomatie européenne. » Cet aphorisme de Marie-Antoine Carême dans son ouvrage L’art de la cuisine française au XIXe siècle. Traité élémentaire et pratique, se vérifie tout particulièrement dans les relations diplomatiques franco-américaines. Si la gastronomie française est synonyme de prestige gastronomique et est appréciée dans le monde entier depuis le xviiie siècle, elle l’est tout particulièrement aux États-Unis. Les ambassadeurs français qui se succèdent à Washington depuis 1893, date à laquelle la France élève sa légation au rang d’ambassade, le comprennent bien. Elle est un outil diplomatique. Ne parle-t-on pas de diplomatie culinaire ? Un bon repas peut avoir une vertu pacificatrice. En période de tensions ou de crises entre la France et les États-Unis, il n’est pas rare que l’ambassadeur organise des dîners à la résidence de Kalorama pour détendre l’atmosphère, maintenir le dialogue ou le renouer entre les deux pays.

Mots-clés : Gastronomie française – Ambassadeurs – Relations franco-américaines – Washington – Diplomatie culinaire.

 

Abstract

Receptions at the French Residency in Washington:

A Gastronomic Showcase for France and a Diplomatic Tool for the Ambassadors (from 1893 until Today)

Culinary art serves as an escort for European diplomacy”. This aphorism of Marie-Antoine Carême in his book The art of French cuisine in the nineteenth century. Elementary and practical treatise is particularly true in Franco-American diplomatic relations. If French gastronomy is synonymous with gastronomic prestige and has been appreciated throughout the world since the xviiith century, it is particularly popular in the United States. French ambassadors who have succeeded one another in Washington since 1893, when France raised its legation to the rank of embassy, understand it well. It is a diplomatic tool. Are not we talking about culinary diplomacy? A good meal can have a peaceful virtue. In times of tensions or crisis between France and the United States, it is not uncommon for the ambassador to organize dinners at the residence of Kalorama to relax the atmosphere, maintain the dialogue or renew it between the two countries.

Keywords: French gastronomy – Ambassadors – Franco-american relations – Washington – Culinary diplomacy.



« L’ambassadeur qui veut bien servir son pays doit avoir une table succulente (1) » et recevoir ses hôtes dans un cadre exceptionnel. Entre 1893, date à laquelle la France élève sa légation de Washington au rang d’ambassade, et aujourd’hui, cela n’a pas toujours été le cas. Si aujourd’hui les États-Unis sont la première puissance mondiale et l’ambassade de France à Washington la mission diplomatique française la plus importante dans le monde, en 1893 la situation est tout autre. Les États-Unis sont ce que l’on pourrait appeler une puissance « provinciale ». Pour la France, les États-Unis sont un pays de seconde zone, lointain et difficile d’accès. Aussi s’en désintéresse-t-elle. À cette époque, ses grandes ambassades sont européennes : Londres, Berlin, Saint-Pétersbourg, Rome, Vienne ou Madrid. Sans ambassade ni résidence permanentes et disposant de moyens humains et financiers réduits, les ambassadeurs peinent à exercer convenablement leur mission de représentation dans les premières décennies du xxe siècle. Il faut attendre 1936 pour que la France acquière la résidence de Kalorama, et les années 1950 pour qu’elle alloue des moyens humains et financiers dignes de la grande puissance mondiale que sont devenus les États-Unis.

 

 

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1 Marie-Antoine Carême, L’art de la cuisine française au xixe siècle. Traité élémentaire et pratique, Paris, édité par l’auteur, 1833, p. II.